Retour à l'ensemble des articles

📘 Apport-cession : ce qui change (vraiment) avec la loi de finances pour 2026 (article 150-0 B ter du CGI – loi publiée le 11 février 2026)

Apportcession

Le régime de l’apport-cession permet, on le sait, de différer l’imposition de la plus-value lorsqu’un dirigeant apporte ses titres à une société qu’il contrôle, avant leur cession.

C’est un mécanisme central dans les opérations de réorganisation patrimoniale et de transmission. Jusqu’ici, le régime était exigeant. 👉 À compter de 2026, il devient nettement plus encadré.

🔹 1. Un réinvestissement plus important… et plus sélectif

Pour conserver le report d’imposition, la société bénéficiaire de l’apport devra désormais réinvestir au moins 70 % du produit de cession (contre 60 % auparavant).

Mais surtout, le champ des activités éligibles est resserré. Le texte renvoie désormais aux activités ouvrant droit à la réduction IR-PME :

- 🏭 industrielles,

- 🛍️ commerciales,

- 💇‍♀️ artisanales,

- 🚜 agricoles,

- 🥼 libérales.

🚫 Sont expressément exclues :

- 💶 les activités financières,

- 🔐 la gestion de patrimoine mobilier,

- 🏗️ l’ensemble des activités immobilières (promotion, marchand de biens, gestion, location classique…).

👉 L’apport-cession n’est donc plus compatible avec une stratégie orientée immobilier, sauf cas très spécifiques.

🔹 2. Plus de temps pour réinvestir… mais une immobilisation beaucoup plus longue

Le législateur concède un assouplissement apparent : le délai de réinvestissement passe de 2 à 3 ans.

Mais en contrepartie, les biens ou titres acquis en remploi devront être conservés pendant 5 ans 📆 , et ce dans tous les cas, qu’il s’agisse d’un réinvestissement direct ou indirect.

🧠 Concrètement : ce qui relevait parfois d’un simple passage stratégique devient un engagement capitalistique de long terme.

🔹 3. Donation : le temps s’allonge aussi

En cas de donation des titres reçus en rémunération de l’apport, lorsque le donataire contrôle la société :

➡️ la plus-value en report reste à sa charge,

➡️et elle ne sera “purgée” qu’après un délai porté à :

- 6 ans (au lieu de 5),

- ou 11 ans en cas de réinvestissement indirect via une structure de capital-investissement.

📌 La transmission anticipée reste possible, mais elle impose désormais une vraie discipline temporelle.

🎯 En conclusion


Le régime de l’apport-cession n’est pas supprimé, mais il change clairement de philosophie :

➡️ moins de souplesse,

➡️ plus d’exigences économiques réelles,

➡️ une vision patrimoniale qui doit s’inscrire dans la durée.

Autrement dit : l’apport-cession n’est plus un simple outil d’optimisation, c’est un choix structurant, à manier avec méthode… et accompagnement.

Certaines fonctionnalités de ce site reposent sur l’usage de cookies. Le bandeau cookies ne s’affiche pas sur la page d’accueil lors de votre navigation car seuls des cookies nécessaires au fonctionnement du site sont déposés.
Plus d’informations : Voir les mentions légales